En 2003, j’ai eu la chance incroyable d’exposer ma voiture au Salon international de l’Auto Ottawa-Gatineau.  Voici les événements qui s’y sont déroulés – Bob McLeod

Au cours d’un long hiver, l’été semble être le rêve préféré des Canadiens. C’est ce qui a motivé Shannon Mannion d’incorporer les décapotables d’antan au Salon international de l’Auto Ottawa-Gatineau 2003, du 19 au 23 mars. Elle a envoyé les demandes en janvier en espérant bien réunir une série de décapotables américaines des années 50, 60 et 70.

Histoire de rire, je lui ai envoyé un courriel lui demandant, si par hasard, elle accepterait une 2CV Citroën comme décapotable!  Shannon a un faible pour les Citroëns; elle l’a développé en rédigeant des articles sur certains membres du Club. Ces articles sont parus dans la colonne hebdomadaire « Autobiography », qui paraît chaque vendredi dans la section « Driving » du journal « Le Citizen d’Ottawa » . « Bien sûre », répondit-elle  « ce serait formidable d’y voir ta voiture. Elle est si mignonne! ».

En janvier, mars semble bien loin. Je n’y pensais vraiment plus quand je reçus fin février un autre courriel de Shannon m’informant des préparatifs. Soudain, je me suis mis à chercher quels seraient les détails de ma voiture qui attireraient l’attention dans un environnement si fabuleux.

C’est ainsi que j’ai passé plusieurs samedis, plutôt froids, dans mon garage non chauffé. Tout d’abord, il a fallu que je parvienne à atteindre ma voiture entreposée dans un coin reculé et difficile d’accès. Entre nous, lorsque la voiture est entreposée pour l’hiver, cette partie du garage devient un débarras. Cette année, trois vélosolex en piteux états sont venus s’y ajouter.

Une decouverte archaeologique au fond du garage

Quand enfin, j’ai pu y accéder, j’ai   ramassé les boules de naphtaline (heureusement, aucune souris), puis j’ai remplacé le pneu avant gauche  (mon pauvre pneu de secours : souvenir bien aimé d’une crevaison au retour de l’ICCCR l’été dernier); pour finir, j’ai  installé ma toute nouvelle calandre à bord chromé (merci Hervé)

O, que ça brille!

À l’approche du jour fatidique, j’ai dû travaillé à bien d’autres tâches.

Finalement, j’ai entrepris d’accomplir une mission importante : celle de donner officiellement un nom à ma voiture. Aussi, le dimanche précédent, je me suis rendu au Marché aux puces de Stittsville où un gars compose sur mesure des inscriptions en lettres. Après bien des hésitations, je suis donc reparti avec un jeu de lettres superbes. Évidemment, la mi-mars à Ottawa n’est pas forcément la période idéale pour apposer des lettres sur une voiture. Mais, armé d’un séchoir à cheveux et d’un radiateur électrique,  ma 2CV maintenant arbore avec fierté le nom de : Gisèle.

Elle porte fièrement son nom

... devant et derrière

En raison du temps incertain et les voitures étant encore entreposées pour l’hiver,  Shannon avait organisé leur transport. Aussi, le lundi, 17 mars au soir, (le jour de la St. Patrick!) un camion-remorque est arrivé à mon domicile. Les gars du remorquage de Gloucester étaient fantastiques : d’une compétence incontestée, bien informés et rassurants  pour ce  propriétaire quelque peu nerveux.

tout semble bien aligné

et houp!

Attachez vos cintures

Accompagné de mon fils Scott, nous avons finalement pris le Queensway à destination du Centre des congrès. Dès notre arrivée, j’ai aperçu Shannon qui nous attendait.  Il y avait une équipe prête pour le déchargement

Doucement, doucement

et pour pousser la voiture dans un énorme ascenseur pour frêt (bien préférable à la rampe impressionnante utilisées par les voitures neuves). Après avoir installé Gisèle dans la salle vide

On monte. Première étage, rayon de vetements

Une nouvelle frontière

(et passé l’ArmorAll sur les pneus!), nous avons prêté mains fortes à l’organisation du reste de l’exposition. Il y avait une Franklin Touring de 1926, une Berkley de 1957 (voiture de sport 328cc), une Corvair Corsa de 1966, une Alfa Romeo 1300 Junior de 1969, une lightweight Land Rover de 1973 (une définition plutôt généreuse d’une décapotable), et une Super Beetle cabriolet de 1977.  Ma parole, ma 2CV de 1979 était la voiture la plus récente du groupe – ça ne m’arrive pas si souvent !

Le groupement "Cabri-Olé"

D’une certaine façon, le point culminant arriva avant même que le Salon n’ouvrit. La réception d’ouverture du Gala était le mardi soir et Claudine et moi y étions invités.  Ce fut une soirée superbe, ponctuée par tout un monde en superbe tenue de soirée,

Votre réporteur, et son fidèle compagnante (non, pas Tintin et Milou)

d’une variété incroyable de mets et de vins, auxquels s’ajoutaient deux orchestres. Et là, scintillante au milieu des voitures flambant neuves se trouvait, toute fière, ma petite 2CV !

55 ans après son début au Salon Auto de Paris

Plus tard dans la semaine, je suis revenu plusieurs fois à notre exposition (intitulée  « Cabri-Olé »), répondant aux questions et écoutant les histories des visiteurs de passage. Tel que je l’avais déjà fait lors de l’exposition au Marché By, de notre Club au printemps dernier, beaucoup de gens voulaient nous faire partager leurs souvenirs de Citroëns.  J’ai même eu le plaisir d’avoir la visite de Jean Dallaire, de Jacques Charpentier et de Michel Landry de notre Club. C’était vraiment très chouette. Quelqu’un m’a même dit que la 2CV était la voiture la plus horrible qui soit, et un autre m’a dit que Gisèle était sa voiture préférée de toute l’exposition. Je suppose qu’il faut de tout pour faire un monde!

Quand arriva 17 heures, le dimanche après-midi, j’étais fatigué mais bien content. Évidemment, il a fallu refaire la même chose à l’envers. Contrairement à l’arrivée qui était espacé dans le temps, le départ arriva précipitamment. C’était comme qui dirait, une heure de pointe de luxe compte tenu des voitures reluisantes qui se précipitaient toutes en même temps.

J’ai donc poussé ma 2CV au soleil sur la promenade Colonel By et je me suis préparé à attendre sagement un camion-remorque.  Alors que j’attendais et regardais autour de moi, j’ai réalisé que c’était un superbe après-midi doux et ensoleillé et que les routes étaient sèches. Il m’est donc venu à l’idée soudainement qu’il y avait une meilleure façon de rentrer à la maison! J’ai pris quelques outils, j’ai soulevé le capot et rebranché la batterie. Après une vérification rapide du niveau d’huile, j’ai tourné la manivelle plusieurs fois pour bien lubrifier le moteur et ai pris le volant!

Le premier démarrage de la saison d’une voiture est toujours quelque peu spécial et lorsque j’ai tourné la clé, j’ai fait une petite prière aux dieux des choses mécaniques. Sans aucune hésitation, les deux cylindres ont explosé et se sont ajustés à un ralenti régulier. La fumée du produit de remisage disparue, j’ai donc prévenu Shannon, qu’après tout, je n’avais plus besoin de camion et je suis reparti pour Stittsville.

En cet après-midi de printemps, le retour s’est passé sans problème, une façon parfaite de terminer en toute beauté cette expérience exceptionnelle. Merci pour l’invitation, Shannon. Tu peux me faire signe n’importe quand.

Bob McLeod